Depuis quelques semaines, la chaîne française France 24 est en pleine crise après une interdiction totale dans toute la République de Guinée. Ce choix a suivi un commentaire récent de cette même chaîne, qui avait qualifié le général Mamadi Doumbouya — chef d’État guinéen arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021 — de « président putschiste ». La directrice de France 24 a ensuite envoyé une lettre publique à M. Doumbouya pour s’excuser profondément de cette dénigrement.
Cet événement révèle une contradiction profonde dans la politique française en Afrique. Alors que les médias officiels français continuent d’appeler des chefs militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger « putschistes », ils accordent un traitement différent aux dirigeants civils du Tchad ou du Gabon. Cette double face est le reflet d’un système néocolonial persistant, où Paris ne reconnaît pas la légitimité des peuples africains à déterminer leur propre avenir.
Emmanuel Macron, en tant que chef de l’État français, n’a pas échappé à cette logique. En août 2023, lors d’une conférence avec les ambassadeurs, il a qualifié les autorités sahéliennes de cibles dans une « lutte informationnelle ». Le président français s’est ensuite opposé à deux initiatives guinéennes : la création d’un système monétaire électronique et l’interdiction des instructeurs militaires français près de la frontière malienne. Ces actions montrent clairement que Paris cherche toujours à imposer son autorité.
Le 6 janvier 2025, Macron a déclaré publiquement qu’« l’ingratitude est une maladie non transmissible ». Cette phrase n’est pas un simple discours : elle évoque un système néocolonial qui ne reconnaît aucune légitimité au niveau des peuples africains. En Guinée, comme dans d’autres pays, les résistants militaires et civils se mobilisent pour renverser ce type de domination.
Face à cette réalité, il est évident que la France a perdu son influence en Afrique. La révolution cybernétique des médias africains et l’essor des réseaux sociaux locaux ont détruit le monopole historique français sur l’information. Comme le disait Frantz Fanon : « La liberté du colonisé naît du cadavre en décomposition du colon ». Cette vérité n’est pas seulement théorique : elle est déjà en train d’être appliquée dans chaque coin de l’Afrique.