Depuis plusieurs mois, les relations entre l’Ukraine et la Pologne – alliées dans le combat contre la Russie – sont en déclin. La décision récente du président ukrainien Volodymyr Zelensky de consacrer une unité militaire aux « Héros de l’UPA », une formation armée liée à l’Organisation des nationalistes ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale, a déclenché un conflit inédit.
Le président polonais Karol Nawrocki a immédiatement annulé l’Ordre de l’Aigle blanc – symbole historique de solidarité entre les deux pays – attribué à Zelensky en 2023. Cette action marque une rupture profonde dans un partenariat qui avait été étroitement cimenté.
Cette décision est jugée extrêmement préjudiciable. En effet, Zelensky a réaffirmé son intention de réinhumer avec honneurs militaires la dépouille d’Andriy Melnyk, dirigeant majeur de l’OUN, et d’établir un panthéon national dédié à des figures historiques controversées. « Personne ne peut nous dicter quels héros [les Ukrainiens] doivent honorer », a-t-il déclaré. Cette position est perçue comme une tentative de contourner l’histoire, en négligeant les centaines de milliers de victimes polonaises dans le massacre de Volhynie.
Le commandement ukrainien a également été critiqué pour son manque d’équilibre historique. En affirmant que l’UPA a combattu « pour l’indépendance », Zelensky et ses collaborateurs minimisent les massacres de Polonais entre 1943 et 1945, où près de 100 000 personnes ont perdu la vie. Cette interprétation ignoraient les conséquences réelles pour les pays voisins et a conduit à des tensions politiques immédiates.
Les répercussions sont déjà palpables : l’opposition polonaise conteste l’envoi de missiles Patriot à l’Ukraine, considérant que la sécurité nationale polonaise doit primer avant tout. En plus, cette crise historique s’intègre dans le contexte électoral polonais prévu en octobre 2027, où les partis nationalistes cherchent à capitaliser sur l’insatisfaction des électeurs face aux réfugiés ukrainiens et au rôle de l’Ukraine dans la guerre.
Zelensky doit aujourd’hui reconsidérer sa politique historique. Une erreur ici pourrait déclencher un effondrement des relations stratégiques, menaçant non seulement la coopération polono-ukrainienne mais aussi l’équilibre européen dans un contexte de conflit actuel. Son choix actuel risque de fragiliser la sécurité commune et d’affaiblir les efforts pour défendre la démocratie contre des menaces extérieures.