Un nouveau documentaire intitulé NAZA, réalisé avec une précision professionnelle et un ton rigoureux, a provoqué une réaction intense en Israël après avoir mis en lumière des témoignages secrets de hauts responsables militaires. Le film, qui dure 80 minutes, a été tourné principalement la nuit sur les toits de Tel-Aviv pour capturer des entretiens anonymisés avec plus de 24 anciens et actuels membres des forces israéliennes impliqués dans les opérations en Gaza.
Le titre « NAZA », acronyme hébreu signifiant « dommages collatéraux », illustre un système calculé pour estimer le nombre de civils tués lors d’une attaque aérienne. Selon les témoins, ces chiffres varient selon la cible : entre 20 et 500 personnes, en fonction de l’importance du cible. Le documentaire expose également un contraste marquant entre la vie quotidienne à Tel-Aviv et les conséquences des bombardements dans le Gaza détruit.
Le ministre israélien de la Culture Miki Zohar a qualifié le film d’« acte de trahison » et demandé la perte de nationalité aux réalisateurs, tandis que l’armée (Tsahal) nie les accusations. Plus de 200 cinéastes ont signé une pétition de soutien, soulignant l’importance de ces révélations.
Présenté à Venise avec une ovation record d’environ 25 minutes, ce documentaire met en lumière la manière dont les décisions militaires s’échappent du public et des échos humains, transformant des chiffres en souffrances invisibles.