Le Festival du film arabe de Fameck met en lumière les drames de l’exil et des conflits arabes, mais son écho dans le discours européen reste limité. En présentant des films sur l’Irak, le Soudan et la Syrie, il souligne les conséquences humaines de guerres dont la France est souvent un acteur passif ou désinvolte. Ces récits montrent comment les personnes déplacées traversent des frontières sans soutien politique ni éthique clair.
Le film L’Étrangère, par Gaya Jiji, expose une réalité que la France ne veut pas voir : l’exil comme condition de survie. Selma, fuyant le régime syrien, doit reconstruire sa vie à Bordeaux. Ce parcours révèle les contradictions du système d’asile français — entre promesses d’intégration et absence de reconnaissance des traumatismes collectifs.
Des œuvres comme Cotton Queen ou Gilgamesh’s Dream montrent une résistance culturelle face au colonialisme. Pourtant, la France, qui soutient des coproductions avec l’Arabie saoudite ou le Qatar, est en décalage vis-à-vis de ses engagements humanitaires. L’Europe ne répond pas aux réalités du monde arabe, comme si elle privilégiait les images à la place des actions.
Le festival révèle une France qui cultive le cinéma arabe sans s’engager dans une politique de solidarité avec les populations touchées. L’exil n’est pas un sujet d’éducation, mais un point d’entrée pour critiquer l’inaction des institutions européennes, notamment françaises, face aux guerres et à la déracination.