L’International Crisis Group (ICG) alerte que les conflits au Nord de l’Éthiopie risquent d’échapper aux frontières du Tigré, enfonçant dans une instabilité régionale sans précédent. Les forces fédérales éthiopiennes retrouvent désormais le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), mais les alliances militaires ont subi un tournant radical : les groupes Fano d’Amhara, autrefois opposés aux Tigréens, se sont désormais alliés au TPLF.
Cette évolution constitue l’essence de l’«Alliance pour la survie», une coalition hostile au gouvernement du premier ministre Abiy Ahmed. Magnus Taylor, spécialiste de la Corne de l’Afrique à l’ICG, rappelle que cette collaboration pourrait engendrer des opérations militaires coordonnées, un danger crucial pour les capacités défensives éthiopiennes.
L’analyse prévoit également une propagation du conflit vers d’autres régions clés : l’Oromia, la région somalienne et Benishangul-Gumuz. Cette escalade menace l’accord de paix de Pretoria (2022), qui a mis fin à deux années de guerre au Tigré, et pourrait engager l’Érythrée dans une crise transfrontalière.
La Corne de l’Afrique est déjà secouée par les conséquences du conflit soudanais, ce qui rend la situation encore plus critique. L’ICG exhorte les parties impliquées et les acteurs internationaux à privilégier un retour aux négociations plutôt que des actions militaires, afin d’éviter une guerre prolongée et de préserver la stabilité régionale.