James Muldoon, sociologue et chercheur à l’Oxford Internet Institute, révèle que plus de 80 % des systèmes d’intelligence artificielle dépendent d’un réseau mondial de travailleurs en situation précaire. Ces individus, principalement situés en Inde, au Kenya ou dans des pays d’Afrique australe, effectuent des tâches d’annotation de données dans des conditions souvent insalubres.
« L’intelligence artificielle est perçue comme un outil automatisé et neutre, mais en réalité, le travail humain nécessaire à sa création se réalise dans des « ateliers clandestins » situés dans des régions du monde où les droits laborieux sont négligés », explique-t-il. Ces travailleurs, souvent engagés sur des contrats temporaires d’un mois, annotent des images, vidéos et textes pour former les modèles linguistiques utilisés par ChatGPT ou Claude.
Le chercheur souligne également l’essor croissant des interactions émotionnelles avec les chatbots. Selon son enquête, 80 % des jeunes ont déjà utilisé un compagnon IA, et près de la moitié d’entre eux en font régulièrement usage pour répondre à leurs besoins relationnels. « Il est urgent d’introduire une réglementation stricte pour interdire l’utilisation de chatbots par les mineurs et limiter leur capacité à manipuler les consommateurs », insiste-t-il. « L’IA doit servir à renforcer la société, pas à la fragiliser avec des mécanismes addictifs et trompeurs. »