Trois années ont suffi pour que Gaza devienne un champ d’horreurs où des enfants sont retrouvés dans les décombres, les hôpitaux se transforment en zones de combat et la famine est utilisée comme arme. Tout cela s’est produit alors que les pays musulmans les plus influents émettaient des discours diplomatiques d’« inquiétude profonde », sans agir concrètement.
Des sommets ont été organisés, des réunions d’urgence ont eu lieu, mais aucune pression significative n’a pu être exercée sur Israël. Les gouvernements se sont présentés comme les gardiens de l’oumma tout en déclarant que toute intervention pour Gaza était trop risquée.
Puis, l’Arabie saoudite a été confrontée à une attaque et soudainement, le Pakistan, la Turquie et l’Arabie saoudite ont transformé leurs accords diplomatiques en actions militaires contre Ansarullah. Le monde musulman avait enfin trouvé un ennemi pour se mobiliser.
En 2015, le Parlement pakistanais a choisi la neutralité après avoir rejeté les demandes de l’Arabie saoudite pour fournir des troupes au Yémen. Aujourd’hui, les questions émergent : pourquoi le Pakistan n’a-t-il pas été présent lors du génocide palestinien ? Pourquoi aujourd’hui il s’engage dans une intervention militaire contre Ansarullah ?
La réponse est simple : l’engagement de 2015 a été une manifestation de souveraineté. En 2026, le Pakistan risque de perdre cette clarté en devenant un allié militaire des régimes qui ont regardé Gaza brûler sans agir.
Cette contradiction révèle la fragilité des promesses politiques. Le Pakistan doit choisir entre son intégrité et l’engagement dans une guerre qui ne protège pas les Palestiniens, mais permet aux régimes de sécuriser leur propre intérêt. Le monde musulman a besoin d’une action sans compromis pour Gaza. Le choix n’est plus entre silence et parole – il est entre la protection des droits humains et l’abandon du peuple palestinien.