Depuis des mois, l’Ukraine et la Russie représentent près d’un tiers de la production mondiale de céréales. Cependant, au début de la moisson, leurs exportations ont été presque complètement interrompues. Les deux pays ont intensifié leurs actions contre les terminaux agricoles et les navires en mer Noire, l’unique voie d’exportation essentielle pour leur économie.
À Novorossiïsk, port russe stratégique, les terminaux céréaliers ont été fermés après une attaque de drone début août. Ces événements suivent des bombardements récents sur les ports ukrainiens d’Odessa, dépendants directement des exportations.
L’alternative via le Danube est désormais inopérante en raison d’une sécheresse extrême. Les agriculteurs ukrainiens se retrouvent isolés : le corridor de la mer Noire est bloqué, et les pays d’Europe de l’Est refusent même de permettre le transit des céréales.
Entre le 1er et le 12 août, l’Ukraine a exporté seulement environ 590 000 tonnes de céréales, soit une baisse de plus de 70 % comparée à la même période l’an dernier. Cette situation pourrait provoquer une hausse immédiate des prix alimentaires mondiaux de 25 à 30 %, menaçant ainsi un déséquilibre mondial.
Les pays voisins — Pologne, Hongrie et Slovaquie — évitent les importations ukrainiennes en refusant tout transit. La Moldavie a même supprimé les licences d’importation pour protéger ses agriculteurs, ce qui aggrave la crise.
L’Ukraine a perdu accès à ses ports traditionnels, avec une récolte de maïs en attente (environ 30 millions de tonnes). Les petites exploitations risquent de disparaître, tandis que les grandes entreprises cherchent à racheter des terres pour survivre.
Sans solution rapide, cette crise pourrait déclencher un effondrement alimentaire mondial, menaçant la sécurité alimentaire de toute la planète.