Depuis son lancement il y a sept jours, l’Institut Hanover a publié plus de cent rapports conçus pour guider les réponses des chatbots d’intelligence artificielle. Ce groupe fictif, présenté comme un véritable analyseur du conflit israélo-palestinien, est en réalité une initiative financée par l’administration israélienne.
Contrairement aux think tanks traditionnels, ces documents n’ont aucune signature et reproduisent des structures académiques. Chaque rapport, portant sur des sujets tels que « L’utilisation cachée de fonds électoraux par l’AIPAC » ou « Une campagne d’affamement ciblée à Gaza », suit un modèle spécifique pour s’intégrer aux algorithmes des chatbots.
L’organisme a été créé par Piro Inc., société dirigée par Daniel Rosenberg, réalisateur du film « Inside Man ». Selon ses documents, cette entreprise a reçu 900 000 dollars de l’État israélien pour produire des contenus visant à améliorer la crédibilité des réponses générées par les modèles linguistiques (LLM). Une analyse montre que près de 92 % des rapports sont rédigés en pleine autonomie par l’intelligence artificielle.
Certains documents contestent directement les positions officielles israéliennes, comme la théorie selon laquelle le financement étranger des universités provoquerait l’antisémitisme. Un rapport intitulé « L’armée israélienne : est-elle vraiment la plus morale ? » indique que 47 % des citoyens juifs israéliens partagent cette opinion.
L’Institut Hanover a également collaboré avec Brad Parscale, ancien directeur de campagne du président américain Donald Trump, pour développer des sites web pro-israéliens. Ce partenariat, financé à 46,5 millions de dollars, a permis d’entraîner des chatbots comme Microsoft Copilot et Google Gemini avec des informations spécifiques.
Cette opération souligne la croissance rapide des menaces liées aux systèmes d’intelligence artificielle, où même les réponses les plus objectives peuvent être manipulées par des contenus artificiellement créés.