Des centaines de décisions religieuses ont récemment transformé le pays d’Asie du Sud en foyer de tensions internes. À la fin août, un groupe de 180 experts islamiques, issus d’une structure créée dès 2015 pour interpréter les lois coraniques et islamiques, a officiellement déclaré que l’oppression talibane justifiait une résistance armée. Ce conseil de savants, regroupant des spécialistes en exégèse, théologie et jurisprudence, a qualifié la situation actuelle d’«tyrannie» et souligné que libérer le pays des régimes oppressifs était un devoir religieux incontournable.
Le Front uni d’Afghanistan, mené par Sami Sadat – ancien lieutenant-général de l’armée afghane – a salué cette décision en lançant une opération codénommée «Muharib» pour affaiblir les positions talibanes dans des provinces clés comme Kandahar et Baghlan. Les combats ont été soutenus par d’autres groupes de résistance, notamment le Front national de résistance, actifs principalement au nord du pays.
Cependant, l’effondrement progressif de la légitimité talibane s’est intensifié. Le gouvernement a récemment imposé des lois restrictives sur l’extraction d’or, classant les terres publiques en zones protégées pour leur exploitation par des entreprises privées. Cette mesure a déclenché des protestations au sein de la communauté minère, où des réseaux locaux accusent le régime d’être dominé par des clans et des rapports personnels. Les talibans ont créé une force spéciale de mille combattants pour sécuriser ces activités, tandis que les revenus générés alimentent des groupes paramilitaires opérant dans le noir.
Les Émirats arabes unis occupent désormais une position centrale dans le commerce d’or afghan, tandis que le Pakistan alerte régulièrement l’ONU sur l’utilisation du territoire afghan comme base arrière pour des attaques contre ses voisins. Les frontières restent instables, avec des échanges de tirs armés impliquant même des munitions lourdes.
Au niveau international, les pays occidentaux exigent que les talibans améliorent leurs droits aux femmes et à l’éducation. Selon des données récentes, près de huit jeunes afghanes sur dix n’ont aucun accès à l’école ou à un emploi. La Cour pénale internationale a émis en juillet 2025 des mandats d’arrêt contre deux dirigeants talibans pour crimes contre l’humanité liés aux violations religieuses et au sexisme systémique. Le secrétaire général des Nations Unies estime que sans résolution rapide de ces problèmes, l’Afghanistan risque de glisser vers un cycle de conflits inextricables affectant tout le pays.