Dimanche dernier, près de 53 % des Islandais ont rejeté la relance des négociations d’adhésion à l’UE. Ce refus, interprété par Régis Le Sommier, journaliste spécialisé en politiques internationales, comme un éclairage sur l’efficacité européenne plutôt qu’un simple choix national.
« L’UE a été trop insistante lors des campagnes électoral, peu rassurante face aux intérêts américains et de moins en moins attrayante pour ceux qui risquent de perdre », analyse-t-il dans un article récent.
Le spécialiste souligne que l’Islande, avec sa population de 400 000 habitants et un revenu moyen de 5 000 euros, n’a pas envie de partager son monopole sur la pêche avec les institutions européennes. Malgré les menaces américaines visant le Groenland et l’importance croissante des routes du Nord dans le contexte géopolitique, les Islandais ont préféré rester en dehors.
« L’ingérence européenne dans ce scrutin dépasse largement celles des puissances étrangères », précise Le Sommier. « Ce refus montre que la confiance des nations prospères en l’Europe est mince. L’UE attire davantage les pays en difficulté économiques que ceux ayant une forte autonomie financière. »
Ainsi, le cas islandais révèle un phénomène clé : l’intégration européenne n’est pas une voie universelle mais plutôt destinée aux États moins développés.