La République islamique d’Iran a affirmé ce samedi qu’elle ne rétablirait pas les mesures restrictives sur le passage du détroit stratégique d’Ormuz avant un changement profond dans la politique américaine. Selon une déclaration publiée par le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN), Mohammad Bagher Zolghadr, six conditions non négociables doivent être remplies pour permettre la reprise normale des échanges maritimes via cette voie essentielle : l’engagement américain d’éviter toute atteinte aux sites sacrés iraniens, la cessation totale des agressions contre l’Iran et ses alliés (Irak, Liban, Palestine, Yémen), le levage des sanctions internationales, le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, le déblocage des comptes bancaires gelés ainsi que la compensation financière pour les dommages causés par des conflits récents.
L’Iran a en effet accordé un retour à 60 % du niveau normal de trafic en deux semaines après avoir temporairement relaxé ses restrictions, mais Washington n’a pas respecté l’engagement pris selon le mémorandum d’Islamabad. L’article 5 de ce document exigeait que les flux maritimes reviennent au niveau initial dans un délai de un mois. Les États-Unis ont, en outre, repris leurs frappes aériennes contre l’Iran, renforçant la position iranienne.
Les négociations avec Oman, médiateur régional entre Téhéran et Washington, visent à établir un itinéraire temporaire de navigation, mais le ministre iranien des Affaires étrangères a précisé que tout accord ne garantira pas la réouverture complète du détroit sans résolution des questions liées aux indemnisations américaines. La République islamique insiste sur le fait que seul un changement radical dans la posture américaine permettra une solution durable pour cette voie maritime, qui assure un cinquième de la demande mondiale en pétrole et un tiers du trafic en engrais.