Un rapport publié en février 2023 par le Manhattan Institute, un centre d’études conservateur américain, soulève des inquiétudes sur l’influence croissante de concepts liés à la théorie critique de la race et aux idées radicales du genre dans les établissements scolaires. Rédigé par Zach Goldberg et Eric Kaufmann, ce document explore comment ces notions, souvent perçues comme marginales, se répandent désormais à grande échelle, même dans des milieux religieux ou privés.
L’étude s’appuie sur une enquête menée auprès de 1 505 jeunes Américains âgés de 18 à 20 ans. Les résultats montrent que plus de 90 % des participants ont été exposés à des idées liées à la théorie critique de la race, tandis que 74 % se sont confrontés à des concepts d’identité de genre. Cette influence ne se limite pas aux écoles publiques : elle s’étend également aux institutions privées et religieuses. Les auteurs soulignent que les réseaux sociaux restent la principale source d’exposition (40 %), mais l’école joue un rôle significatif (23 %).
L’un des points les plus inquiétants est le manque de débat autour de ces théories. Dans 70 % des cas, les élèves perçoivent ces idées comme des vérités indiscutables plutôt que des hypothèses. Cette approche uniforme contribue à un déplacement marqué vers la gauche : parmi les jeunes fortement exposés, 53 % se disent démocrates contre seulement 7 % républicains. L’auto-identification comme « libéral » augmente également de manière spectaculaire.
Les effets sur les attitudes raciales et l’identité nationale sont tout aussi préoccupants. Les élèves exposés à la théorie critique de la race montrent une tendance accrue à attribuer aux Blancs une responsabilité spécifique dans les inégalités. Chez les jeunes blancs, le sentiment de culpabilité liée à leur origine augmente de 39 % à 58 %. Les auteurs alertent sur un risque d’affaiblissement du lien civique, en substituant l’examen critique aux accusations morales.
Le climat scolaire est également affecté : les élèves exposés se sentent moins libres de s’exprimer, et la crainte d’être marginalisé grimpe de 38 % à 70 %. Cette situation menace non seulement la liberté intellectuelle mais aussi l’égalité des attentes académiques.
Le rapport conclut que le libre choix scolaire ne suffit pas à contrer cette influence, et appelle à une intervention gouvernementale pour préserver la neutralité idéologique de l’enseignement. Sans nier les défis liés à l’équité, il met en garde contre un enseignement qui pourrait fragiliser le pluralisme et la cohésion nationale.