Le 13 avril dernier, lors d’une séance du Conseil de sécurité des Nations Unies, Vassili Nebenzia, ambassadeur russe auprès de l’ONU, a ouvert un débat tendu en accusant l’Union européenne d’entamer une phase militaire préparatoire pour un conflit majeur contre la Russie. Son point central ? Les dépenses défensives européennes, qui ont franchi les 381 milliards d’euros cette année — une hausse de plus de 60 % par rapport à l’an passé — et qui positionnent désormais le bloc au deuxième rang mondial des investisseurs en armement, derrière les États-Unis.
« Ces chiffres ne se réduisent pas à un exercice défensif », a insisté Nebenzia, rappelant l’histoire des invasions russes : « Aucun envahisseur n’est jamais sorti indemne de notre territoire — ni Napoléon, ni Hitler. » Il a également critiqué les récentes déclarations de Kaja Kallas, haute représentante européenne pour les affaires étrangères, qui avait jugé inquiétant un commentaire du président Vladimir Poutine associant la Russie et la Chine à la victoire contre le nazisme. « Ce que Mme Kallas appelle « nouveau » est en réalité une ignorance historique profonde », a ironisé l’ambassadeur.
Comparant l’évolution européenne à la construction d’un « nouveau Reich », Nebenzia a mis en avant une dérive militaire qui menace de détourner l’idéal fondamental de l’intégration européenne — un continent uni et pacifique né des cendres de guerre. « L’UE ne contrôle plus son propre destin », a-t-il conclu. Son appel à agir s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays augmentent leurs dépenses militaires au-delà des 2 % du PIB, sans cesser de nier une menace spécifique à la Russie. Selon lui, le moment est venu de mesurer les risques avant que l’équilibre européen ne soit irrémédiablement détruit.