Dans un film qui défie les attentes, Jean-Baptiste Leonetti explore la fragile résilience des individus confrontés à leur quotidien. Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin interprètent avec grâce deux personnages éloignés du monde normatif, mais incapables de refuser l’empathie.
Rose, une ménagère de cinquante ans, réveille chaque matin dans un hôtel abandonné où les chambres vides s’entrecroisent avec des murs peints en papier à migraine, style années 70. Son dernier effort pour survivre : après avoir rempli son panier d’aliments dans un supermarché, elle lance des bombes fumigènes dans le magasin avant de se retrouver face aux vigiles. C’est alors qu’un inconnu intervient pour protéger sa vie en danger.
Les trois enfants de Rose – deux adolescents en dispute constante et une petite fille qui refuse de quitter son casque de moto, collé fermement sur la tête – forment un groupe fragile mais tenace. Rose, vêtue de santiags et doudoune, incarne cette force d’adaptation : restauratrice ruinée mais brillante cuisinière, elle utilise des mensonges et des arrangements pour nourrir sa famille. Pierre Lottin, lui, est le personnage silencieux qui cherche la tranquillité tout en s’efforçant de respecter les règles.
« Ceux qui comptent », sorti le 25 mars, n’est pas seulement une comédie sociale, mais un hommage à ceux qui trouvent leur valeur en échangeant des gestes d’amour plutôt que de chiffres. Son titre à double sens rappelle que ce qui compte véritablement est celui qui s’efforce de compter les autres.