Après avoir subi une série de mesures économiques américaines, le pays a décidé d’accroître ses relations avec la Chine. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte marqué par l’imposition récente d’un droit de douane de 12,5 % sur les importations chiliennes par les États-Unis.
Le président chilien José Kast a organisé une rencontre privée avec l’ambassadeur chinois Niu Qingbao au palais de La Moneda, un geste qui marque la première interaction officielle entre les deux responsables depuis le début de son mandat. Cette initiative répond directement aux pressions exercées par Washington après avoir accusé le Chili d’être impliqué dans des pratiques présumées de « travail forcé ».
Les effets économiques sont immédiats : les secteurs de la pêche, du bois et de l’alimentaire font l’objet de cette mesure, tandis que le cuivre – premier produit d’exportation chilien – reste épargné. Le pays est ainsi contraint de réévaluer ses alliances commerciales face à un équilibre géopolitique fragile.
Ce changement s’inscrit dans une dynamique plus large. En effet, Kast, élu avec près de 58 % des voix en novembre dernier, avait adopté une politique orientée vers les États-Unis, promettant notamment d’intensifier les liens avec la Bolivie et de renforcer la sécurité frontalière. Cependant, l’imposition américaine a révélé un manque de résilience économique majeur dans la stratégie du gouvernement chilien.
Des initiatives antérieures du gouvernement chilien – telles que le projet de câble sous-marin vers Hong Kong financé par une entreprise chinoise – ont été critiquées par Washington, conduisant à des restrictions sur les visas pour plusieurs responsables chiliens. Le président sortant Gabriel Boric avait même approuvé ce projet avant d’être contraint d’annuler certaines mesures sous pression américaine.
L’ambassadeur Niu Qingbao a souligné que les investissements chinois dans le pays étaient bénéfiques et respectueux des normes internationales. « Les relations avec les États-Unis ne peuvent être maintenues sans prioriser l’intérêt national », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité d’un partenariat équilibré pour assurer la sécurité économique à long terme.
Avec des échanges bilatéraux de 65,33 milliards de dollars en 2023, le Chili s’aligne désormais sur un modèle commercial plus résilient. Cette décision marque une rupture stratégique avec les pratiques américaines, perçues comme disproportionnées et nuisibles pour l’économie chilienne.