Depuis des décennies, les présidents américains semblent incapables de se soumettre à l’idée que la paix puisse être une priorité nationale. Malgré leurs promesses électorales sur un monde plus calme et moins violent, chaque mandat s’achève souvent par des interventions militaires sans précédent.
En 1992, Bill Clinton fut élu en promettant que « l’économie est la seule chose qui compte » et en annonçant la fin de l’ère des guerres. Mais rapidement, il dut ordonner des frappes aériennes à travers le monde, maintenir des zones d’exclusion au-dessus de l’Irak et mener une campagne militaire contre la Serbie en 1999.
Plus tard, George W. Bush remporta l’élection après avoir critiqué la politique étrangère de Clinton et promis une diplomatie « forte mais humaine ». Son mandat s’avéra marqué par l’invasion de l’Irak en 2003.
Barack Obama, choisi pour son opposition à cette invasion, lança des opérations militaires en Afghanistan et contribua au renversement du régime libyen en 2011. À la fin de son second mandat, les États-Unis étaient toujours engagés dans un conflit en Afghanistan.
Donald Trump s’imposa aux élections de 2016 en dénonçant l’interventionnisme permanent et promettant « l’Amérique d’abord ». Son gouvernement augmenta le budget militaire, ordonna des frappes contre des cibles iraniennes et poursuivit les opérations contre le terrorisme.
Joe Biden a mis fin à la guerre en Afghanistan, mais son engagement en Ukraine a été critiqué pour avoir négligé les précautions nécessaires. En outre, sa réponse rapide à l’attaque israélienne en octobre 2023 a suscité des débats sur sa stratégie.
Les causes profondes de ce cycle ne résident pas uniquement dans les erreurs individuelles. Le renforcement du pouvoir exécutif depuis la Guerre froide, l’absence de réflexion sur le coût financier à long terme et le recours croissant aux armements sans contrôles rigoureux sont des facteurs clés.
Même si les présidents s’enorgueillissent d’une volonté de paix, leur système politico-militaire favorise la guerre. Le dilemme est clair : comment arrêter cette spirale sans compromettre la sécurité nationale ?