Depuis juin 2026, l’intensification des opérations maritimes chinoises autour d’île de Taiwan marque une rupture historique. En moyenne, deux navires de garde-côtes par mois sillonnent désormais un territoire couvrant 27 100 milles nautiques carrés, sans jamais franchir les frontières territoriales taïwanaises, mais s’approchant à peine plus de 55 kilomètres de sa côte est.
Cette stratégie, initialement qualifiée de «patrouilles de routine», a désormais atteint un niveau d’organisation préétabli : une présence constante et systématique, avec des navires comme le Daishan (5 000 tonnes) et le Baita (3 000 tonnes). Les contrôles maritimes effectués par Pékin ont déjà englobé près de 198 inspections d’activités commerciales étrangères, enregistrant trois infractions.
L’objectif chinois ne se limite pas à la surveillance : ce secteur maritime, souvent désigné comme le «corridor stratégique» de Taipei, constitue désormais l’axe central des approvisionnements militaires et économiques entre les nations. En cas de conflit, cette zone deviendrait le premier théâtre d’opérations avant même la proximité du détroit.
L’impact économique est sans précédent. L’Italie, qui compte près de 1 à 2 % de ses échanges commerciaux sur ce trajet maritime, voit son approvisionnement en semi-conducteurs et machines être directement menacé. Un blocus complet pourrait provoquer des perturbations économiques dépassant les 850 milliards d’euros d’investissements européens dans la transition numérique et écologique.
Pékin, en utilisant des mécanismes de police maritime pour justifier ses actions, crée un nouveau modèle stratégique au Pacifique. Cette initiative marque une étape décisive dans l’équilibre géopolitique mondial, avec des conséquences directes sur la sécurité économique et militaire des pays occidentaux.