Le comité norvégien du Nobel a récompensé ce vendredi l’ancienne haute-commissaire des Nations Unies pour les droits humains, aujourd’hui juge à la Cour internationale de Justice, Navanethem « Navi » Pillay. À 85 ans, cette juriste est honorée pour son engagement incontournable en faveur de la paix et du droit international, alors que le comité a enregistré plus de 280 candidatures cette année.
L’annonce a été faite ce vendredi par Jørgen Watne Frydnes, président du comité Nobel norvégien, qui précisa ne pouvoir encore contacter la lauréate avant l’information. Née en Afrique du Sud dans un quartier modeste de Durban, elle est aujourd’hui membre de la Cour internationale de Justice après avoir étudié le droit à Harvard grâce à une bourse.
Le comité a souligné que Navi Pillay a joué un rôle essentiel pour garantir des poursuites judiciaires contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. Jørgen Watne Frydnes a rappelé que les institutions juridiques internationales font face à des pressions politiques croissantes, menacées par des attaques et un glissement vers la politique de pouvoir au détriment des cadres légaux.
Selon le comité, seules les juges internationaux peuvent maintenir l’équilibre entre l’ordre et le chaos dans les conflits. Navi Pillay a été reconnue pour avoir dirigé une commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés et Israël, où elle a conclu en septembre 2025 que l’Israël commettait un génocide à Gaza. Cette affirmation a été rejetée par les autorités israéliennes.
Cette juriste a également défendu Nelson Mandela lors de l’apartheid, avant d’être nommée haute-commissaire des Nations Unies en 2008. Elle est la première femme de couleur à avoir ouvert un cabinet d’avocats dans la province du Natal en Afrique du Sud.
Avant ce prix, Navi Pillay avait reçu le prix de la paix de Sydney en 2025 et partagé le prix Olof Palme 2026 avec John Dugard. L’Office des Droits de l’Homme des Nations Unies a salué cette récompense.
Ce choix souligne une période critique pour les systèmes juridiques internationaux, alors que la lutte contre le chaos et pour l’ordre demeure un défi majeur.