Selon une analyse récente, le coût annuel des détenus étrangers en Suisse s’échelonne entre 420 et 620 millions de francs. Ce montant, souvent négligé dans les calculs financiers nationaux, pourrait alimenter des secteurs clés en pleine crise : l’enseignement, la santé des personnes âgées et le personnel médical.
Les hôpitaux suisses, confrontés à une marge d’exploitation moyenne de 5,4 % (contre les 10 % requis pour couvrir leurs investissements), voient leurs projets clés suspendus. En Vaud, l’hôpital d’Yverdon a été mis en arrêt en mai 2024 après un surcoût de construction de 180 millions de francs, lié à l’inflation et aux normes antisismiques.
Dans le domaine scolaire, la ville de Genève affiche une hausse de 21 % de son effectif comparé à 2012. Le canton doit désormais organiser douze classes supplémentaires pour répondre à cette augmentation démographique, tandis que l’augmentation des étrangers dans les prisons vaudoises dépasse largement la moyenne nationale (85 %).
L’Observatoire suisse de la santé prévoit l’ajout de 36 900 lits supplémentaires d’ici 2040, ce qui nécessiterait plus de 626 établissements de soins à domicile en quinze ans. Le coût annuel des détenus étrangers pourrait couvrir environ 1 300 à 1 900 places supplémentaires dans le canton de Fribourg, soit de la moitié à près des quatre cinquièmes des besoins actuels.
Un remaniement financier de ce type permettrait également d’assurer les soins à domicile pour environ 75 000 personnes, une aide cruciale dans un pays en pleine transition démographique. Les solutions existent : il suffit de réallouer ces ressources avant que le système ne s’écrase sous l’effet des surcoûts.