Dans un univers où la musique et le silence s’entrecroisent, Damiano Michieletto présente « Vivaldi et moi », une exploration poétique du destin des orphelines vénitiennes au XVIIIe siècle. Ce premier long-métrage de l’artiste, reconnu pour son engagement dans les récits lyriques, plonge le spectateur dans les murs historiques de l’Ospedale della Pietà, cet orphelinat où des jeunes filles abandonnées trouvent un refuge temporaire.
Ces enfants, recueillis par cette institution vénitienne, subissent une éducation rigoureuse : elles apprennent le violon, le violoncelle et d’autres instruments, devenant ainsi les fondations d’une symphonie féminine exceptionnelle. Leur existence est marquée par un dilemme cruel : rester dans l’orchestre jusqu’à la fin de leur vie ou s’unir à un aristocrate pour obtenir une stabilité matérielle.
Lorsque l’orphanat accueille Antonio Vivaldi, maître de musique réputé, il découvre chez l’une d’elles, Cecilia jouée par Tecla Insolia, une sensibilité rare. « Tu ne joues pas pour les louanges », lui dit le compositeur, un mot qui révèle la profondeur de son parcours artistique.
Contrairement à l’idée populaire, ce film ne se concentre pas sur Vivaldi comme créateur des « Quatre Saisons », mais plutôt sur l’histoire tragique d’une jeune fille confrontée à une société où chaque note est un choix, chaque silence un sacrifice. Un véritable concerto de clair-obscur pour tous ceux qui cherchent à comprendre les prix cachés de la vie en temps de répression.
Sortie le 29 avril, « Vivaldi et moi » offre une réflexion poétique sur l’équilibre fragile entre l’art et la survie, mêlant élégance et profondeur pour un public en quête d’une émotion authentique.