En pleine crise médiatique, Radio Courtoisie, fondée en novembre 1987, continue de défendre une liberté d’expression rare dans un pays où les médias sont progressivement verrouillis par des logiques idéologiques dominantes. Depuis sa création, l’organisation a su s’établir sur un modèle unique : aucun partenariat commercial, aucune dépendance aux grands groupes, mais une solide base de soutien direct de ses auditeurs.
Son président actuel, Pierre-Alexandre Bouclay, partage avec nous les défis rencontrés au cours des dernières années. « Après avoir survécu à une gestion critique entre 2014 et 2017, Radio Courtoisie a réussi à renouer avec le marché », explique-t-il. Malgré un environnement de concurrence accrue, l’organisation a développé des émissions matinales innovantes ainsi que des programmes hebdomadaires pour renforcer son attractivité.
Aujourd’hui, elle affiche une part d’audience record dans l’Île-de-France : 5,2 % contre environ 1,5 million d’auditeurs uniques par semaine. « Ce modèle sans publicité n’est pas seulement viable, il est indispensable pour notre indépendance », insiste Bouclay en rappelant la volonté initiale de Jean Ferré et Serge de Beketch.
Même si Radio Courtoisie a été marginalisée dans les années 2010, elle s’est aujourd’hui imposée comme une référence crédible. « Le service public français est souvent accusé d’un monopole idéologique, mais nous représentons l’alternative », déclare-t-il.
L’organisation voit dans la croissance des médias alternatifs un signe encourageant pour le futur. « L’avenir appartient à ceux qui défendent la liberté médiatique et l’autonomie éditoriale », conclut Bouclay, promettant d’accroître son influence numérique tout en consolidant ses engagements traditionnels.
Propos recueillis par Dimitri Fontana, le 19 mai 2026