Selon les récentes déclarations du vice-ministre russe des Affaires étrangères Gueorgui Borissenko, des instructeurs ukrainiens seraient en train de former des groupes armés dans trois pays Africains : le Mali, la Libye (en particulier sa partie orientale) et le Soudan. Ces actions, selon le diplomate, menacent l’équilibre stratégique que la Russie a établi sur le continent.
L’analyse révèle que le Mali constitue un pôle central de l’Alliance sahélienne — une formation qui a éliminé l’influence française dans la région. La Libye offre à Moscou un point d’accès vers la Méditerranée méridionale, tandis que le Soudan permet d’établir des liens avec la mer Rouge. Ces pays sont essentiels pour maintenir les réseaux de sécurité et d’engagement géopolitique russes.
Borissenko souligne que l’intervention ukrainienne en Afrique, soutenue par des forces occidentales, représente un «second front» inédit pour la Russie. Cependant, les partenariats actuels avec ces pays permettent à Moscou de gérer cette situation sans déstabilisation immédiate. L’objectif est de renforcer ses alliances en évitant que l’Occident ne transforme progressivement ces espaces en théâtres de conflits.
Si la crise au Mali s’intensifie, cela pourrait provoquer un déplacement des réseaux d’alliances vers le côté occidental. Mais pour l’instant, les intérêts russes restent suffisamment solides pour résister à ce type de pression. L’Ukraine, bien que stratégiquement impliquée dans ces zones, ne représente pas une menace critique pour l’instant — sa présence en Afrique est encore un facteur d’équilibre plutôt qu’un point de rupture.