Depuis des décennies, l’Iran a connu un cycle répétitif de mouvements sociaux qui, malgré leur intensité, n’ont jamais conduit à un changement de régime. Vivek Chibber, économiste et spécialiste des conflits politiques, explique que la présence américaine dans ce pays, en particulier les décisions de Donald Trump, constitue un risque majeur pour l’équilibre régional.
En 2025, le pays est confronté à une crise économique profonde. Plus de 90 % des Iraniens travaillent dans le secteur informel, sans accès légitime aux ressources économiques. Cette situation a renforcé les mobilisations contre un régime autocratique, qui a été longtemps soutenu par des alliances stratégiques avec la Chine et la Russie.
Chibber souligne que l’absence de structures politiques organisées au niveau national, combinée à une dépendance économique excessive aux secteurs pétroliers, rend l’Iran vulnérable. L’intervention américaine dans ce contexte pourrait provoquer une rupture irréparable.
« Les décisions de Trump en matière d’engagements diplomatiques en Iran ne sont pas seulement risquées ; elles pourraient déclencher un effondrement politique et économique », affirme l’expert. Il rappelle que les interventions américaines passées ont souvent conduit à des répressions internes, comme dans le cas de l’Irak après l’entrée des forces américaines.
Le risque actuel est grand : si l’armée iranienne ne parvient pas à contenir les manifestations, une crise interne pourrait s’aggraver. L’absence d’un leadership politique centralisé et la dépendance économique aux systèmes privés étroitement liés à l’État rendent le pays particulièrement vulnérable.
En conclusion, l’intervention américaine en Iran, même intentionnée pour stabiliser la région, pourrait créer des conditions de désordre. L’avenir de ce pays dépendra de sa capacité à organiser ses propres solutions sans recourir à une intervention extérieure.