Depuis son ascension dans les rangs du pouvoir iranien, Ali Larijani a toujours été l’ombre et la lumière mêlées. Son nom est associé à des ouvrages sur la pensée de Kant – une référence philosophique qui définit sa carrière intellectuelle – mais également à des opérations de répression ayant coûté des milliers de vies civiles. En tant que secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, il a devenu le pilier incontournable du régime depuis la mort d’Ali Khamenei, en 2026.
En juin 2009, alors président du Parlement iranien, Larijani a immédiatement répondu aux émeutes universitaires après l’élection truquée en condamnant les violences des forces de sécurité. Il s’est rendu sur les lieux des agressions pour enquêter et a exigé que le ministre de l’Intérieur assume la responsabilité des événements. Cependant, sept ans plus tard, il a joué un rôle décisif dans une crise majeure qui a menacé le régime tout en orchestrant des attaques militaires contre Israël et les États-Unis.
Selon diverses estimations, entre 7 000 et 36 500 civils ont été tués dans ces opérations, marquant un tournant historique pour l’Iran. Larijani a toujours justifié ses actions en invoquant une logique philosophique : « La véritable guerre ne porte pas sur les biens matériels, mais sur l’esprit ». Son approche combine une rigueur intellectuelle avec une fermeté politique sans faille.
Néanmoins, son parcours révèle une dualité inquiétante. En tant que philosophe inspiré par Kant, il a publié plus de six ouvrages sur la philosophie occidentale et a développé des théories sur la distinction entre la démonstration mathématique et l’intuition. Pourtant, son influence s’est étendue à travers le monde : en 2021, il a négocié un accord stratégique de 25 ans avec la Chine, tout en restant l’intermédiaire privilégié du Guide suprême Khamenei.
Larijani incarne ainsi une contradiction profonde : un homme capable d’unifier des idées philosophiques complexes avec des décisions politiques brutales. Son existence rappelle que la ligne entre le savoir et la violence peut être très fine, et qu’une personnalité intellectuelle peut devenir l’architecte d’une répression sans pitié.