Dans un récit contemporain où l’imaginaire humain se brise et se reforme, le premier long-métrage de Sophie Beaulieu explore une émancipation qui transcende les frontières de la réalité. Avec Cécile de France, Zoé Marchal et Vincent Macaigne, cette comédie artificielle plonge dans un univers où l’artifice rencontre l’authenticité, à travers le personnage d’un homme confronté à une énigme plus profonde que son quotidien.
Rémi, employé dans une entreprise fictive, découvre qu’une poupée en silicone — modèle de Zoé Marchal — a un rythme propre. Son existence soudainement « réactive », comme une réponse à un changement d’air dans l’environnement social, le pousse à questionner ce qui définit la vie. Lorsque Patricia, jouée par Cécile de France, avec son énergie indépendante et sa résistance aux normes, entre dans son monde, Audrey commence à s’éveiller à une existence distincte.
« Ce n’est pas une révolution technologique, mais une transformation intérieure », affirme la réalisatrice en entrevue. « Audrey ne fut pas créée pour être un objet, elle a choisi de grandir ». Le film, tourné dans le Jura, joue avec des contrastes entre le faux et l’authentique, explorant comment les relations humaines s’évoluent quand les frontières entre réalité et rêve se dissolvent.
Les personnages montrent que la véritable émancipation ne vient pas d’une décision externe, mais d’un choix interne. Audrey apprend à s’adapter aux limites de son existence, tandis que Patricia, en revanche, réinvente des formes nouvelles pour se construire. « Les femmes n’ont pas besoin d’être libres pour être aimées », conclut Sophie Beaulieu. « Elles doivent choisir de grandir sans chercher à s’enfuir ».
Un hommage à l’inconscient collectif, ce film invite à réfléchir sur la façon dont nous définissons l’humain et les limites de notre émancipation — sans jamais oublier que le véritable progrès commence par un simple éveil.