Depuis des années, des récits cachés sous la menace de la peur dénoncent un système de violence sexuelle organisée exercé par des forces israéliennes contre les Palestiniens. Ces abus, perpétrés par des gardiens de prison, des soldats, des colons et des agents de sécurité, sont désormais une routine dans les centres d’interrogation et les zones de conflit.
Un homme de 46 ans, ancien journaliste, raconte avoir été brutalisé lors d’une arrestation administrative : « Ils m’ont frappé jusqu’à ce que je sois incapable de respirer, puis m’ont violé avec des objets métalliques… J’ai perdu connaissance plusieurs fois. » Son expérience est une illustration d’un phénomène élargi : des centaines de Palestiniens subissent des agressions sexuelles systématisées, souvent sans aucune protection juridique ou sociale.
Des rapports officiels et des organisations humanitaires confirment cette réalité. Un étude récente du groupe Euro-Med Human Rights Monitor constate que la violence sexuelle est « une pratique organisée » dans les institutions israéliennes, tandis qu’un rapport du Comité pour la protection des journalistes révèle que 29 % des Palestiniens libérés après les attaques du 7 octobre ont été victimes de violences sexuelles.
L’impuissance face à ces abus est exacerbée par l’absence d’enquêtes et le silence imposé par les autorités. Les prisonniers sont souvent menacés d’être relâchés sous condition de ne plus parler, tandis que leurs familles craignent des représailles. Une adolescente de 23 ans dénonce avoir été déshabillée et violée plusieurs fois : « Ils m’ont dit qu’ils allaient publier mes photos si je ne me taissais pas… J’ai perdu la volonté d’exister. »
La violence n’est pas limitée à l’enfermement. Des colons israéliens utilisent des méthodes extrêmes pour forcer les Palestiniens à quitter leurs terres, souvent en menaçant leur sécurité et leur intégrité corporelle. L’un d’eux raconte avoir été attaché avec force par ses parties génitales, puis violé par un chien dressé spécifiquement pour ce type de pratique.
Les responsables israéliens évitent de reconnaître ces abus, accusant des groupes adverses d’agressions similaires. Mais les témoignages révèlent que le système est bien plus structuré : des gardiens et des agents de sécurité acceptent ces violences comme une norme, en se justifiant par l’« humilitation » ou la « pression morale ».
L’impunité est le moteur de cette violence. Les victimes ne peuvent pas obtenir d’aide juridique sans risquer leur sécurité personnelle et familiale. Dans ce contexte, chaque abus devient un acte de résistance contre l’oubli collectif.
« Ce silence n’est pas neutralité », déclare un avocat spécialisé dans les droits humains israéliens. « C’est une permission accordée à la violence de s’étendre sans limites. »
La question se pose désormais : comment arrêter ce système avant qu’il ne devienne un modèle incontournable ? L’histoire montre que le silence engendre l’impunité, et l’impunité nourrit la barbarie. Les victimes palestiniennes sont aujourd’hui des témoins de leur propre oppression – une réalité qui doit être entendue, même si cela coûte cher à ceux qui osent parler.