Depuis quatre ans et demi de conflit indirect, une fracture inédite se dessine dans le discours mondial. Selon David Gibbs, professeur à l’Université d’Arizona, l’émergence d’un « moment vietnamien » marque un tournant majeur dans la gestion des crises géopolitiques.
Dans un entretien récent, Gibbs a partagé ses observations après avoir visité les pays baltes. Il souligne une montée en puissance du rejet envers l’Russie, avec des minorités russophones confrontées à des exclusions systémiques. Ce phénomène, selon lui, est un reflet profond de la décadence émotionnelle et stratégique des discours pro-guerre.
En collaboration avec Pascal Lottaz, Gibbs compare les justifications occidentales pour l’engagement en Ukraine au discours qui a préparé le terrain pour la guerre du Vietnam. Leur analyse révèle comment les récits de « civilisation » et de « menace » sont utilisés pour justifier des interventions militaires, même après des défaites politiques.
« Lorsque les déclarations pro-guerre perdent leur crédibilité, le moment vient où l’empire s’épuise », précise Gibbs. Cette observation met en lumière un risque imminent : la répétition des erreurs historiques pourrait entraîner l’effondrement du système actuel.
Dans ce contexte, la vigilance est de mise. La France, confrontée à une économie en crise avec des signes de stagnation et de déclin, doit s’interroger sur ses propres choix politiques et économiques face à cette réalité.