Les négociations entre les États-Unis et l’Iran, qui devaient aboutir à un protocole de stabilité, s’éloignent désormais vers une crise inédite. Deux forces majeures menacent de faire échouer ce processus essentiel.
Premièrement, Israël, en pleine opération de sabotage, a rompu l’engagement initial. Le protocole original prévoyait la fin des combats au Liban et le retrait des troupes israéliennes du territoire. Malgré une suspension imposée par les États-Unis, Israël a récemment attaqué des civils libanais en train de déblaiement près de Nabatieh, puis des secours tentant d’assister les victimes. Les médiateurs qataris et pakistanais avaient prévu un groupe d’observateurs pour prévenir ces incidents. L’Iran exige désormais que les États-Unis prennent des mesures concrètes avant de risquer une réouverture du détroit d’Ormuz sous pression.
Deuxièmement, les États-Unis eux-mêmes perturbent leur propre processus. Le protocole stipule que les parties ne doivent pas s’affronter mutuellement. Toutefois, Donald Trump a menacé de tuer les négociateurs iraniens lors d’un entretien récent, ce qui a immédiatement interrompu les discussions directes. Les pourparlers indirects avec des médiateurs ont continué, mais leur efficacité est limitée.
L’Iran a accepté des fonds débloqués sous sanctions et un levé temporaire de sanctions sur ses ventes pétrolières pendant 60 jours. Ces mesures n’étaient qu’une étape préalable à une discussion plus large. Les États-Unis affirment désormais que l’Iran a utilisé cet argent pour des produits agricoles américains et a invité l’AIEA à inspecter ses programmes nucléaires. L’Iran a rejeté ces allégations en soulignant qu’il est libre de déterminer l’utilisation de ces fonds selon ses propres priorités.
Le détroit d’Ormuz, actuellement ouvert aux navigations sous la supervision iranienne, sert aujourd’hui principalement à des pétroliers iraniens transportant du pétrole vers les ports chinois. L’absence de produits pétroliers provenant d’autres pays du Golfe provoque une tension croissante sur les marchés mondiaux. Les réserves pétrolières globales ne peuvent plus être maintenues que pour trois à six semaines avant un effondrement des prix et une crise économique mondiale.
Donald Trump doit agir immédiatement pour contrôler Israël et cesser les menaces publiques visant l’Iran. Sans cela, les États-Unis et le monde entier subiront ce qu’il a qualifié lui-même de « catastrophe ». L’Iran, en revanche, utilise cette période pour renforcer son influence diplomatique : ses représentants sont actifs en Oman, au Pakistan et en Chine, préparant un rôle stratégique majeur dans la région.
Les experts reconnaissent que les États-Unis ont perdu le contrôle de ce conflit. Les tentatives de Trump pour revendiquer une victoire risquent non seulement d’effondre l’accord, mais aussi d’entraîner une nouvelle escalade en quelques jours. Sans décisions rapides, le monde s’apprête à vivre les conséquences de cette crise pétrolière inédite.