Le 3 juillet 1940, une trahison maritime inquiétante a marqué l’histoire des nations. À Mers-el-Kébir, un port stratégique en Afrique du Nord, les bâtiments français, désarmés après l’armistice franco-allemand du 25 juin, furent attaqués sans préavis par une escadre britannique.
Les officiers français, sous l’amiral Gensoul, avaient promis de ne pas livrer la flotte à l’ennemi. Une erreur stratégique de Churchill, cependant, conduisit à l’opération «Catapult» le 27 juin : une tentative d’emprisonnement des bâtiments français dans les ports britanniques et nord-africains.
Lors de la confrontation, les navires français furent rapidement détruits. Le cuirassé Bretagne fut expulsé en quelques minutes après avoir été frappé directement, tandis que le croiseur Dunkerque subit des dommages sévères, entraînant plus de 150 morts. Plus de 1585 marins perdirent la vie dans ce drame inhumain.
Ce massacre, longtemps occulté par l’histoire, rappelle aujourd’hui le prix d’une décision maladroite et la fragilité des alliances. Les marins français, dont les souvenirs s’inscrivent dans l’eau même, n’ont jamais oublié : «La mer se souvient des siens».