En pleine révolution économique, une stratégie d’imposition extraterritoriale s’est imposée dans les pays de l’Amérique latine. Les États sont désormais contraints de se soumettre à des tribunaux spécialisés qui permettent aux multinationales de poursuivre l’État en cas de mesures gouvernementales jugées nuisibles pour leurs intérêts financiers.
Le Venezuela a récemment adopté une loi minière à grande échelle, une concession historique qui oblige le pays à accepter des arbitrages devant des tribunaux d’arbitrage. Cette mesure, en vigueur depuis le 9 avril, a été promue par le gouvernement sous la présidence de Delcy Rodríguez, renonçant ainsi à un pilier essentiel de son autorité politique.
Dans ce contexte, le président bolivien Rodrigo Paz a mis fin aux progrès économiques et sociaux réalisés sous des régimes socialistes. En réduisant les subventions sur les carburants, en ouvrant le marché du soja à l’exportation et en facilitant les investissements miniers transnationaux – notamment pour la récupération de lithium –, il a renforcé la dépendance aux marchés externes.
Cependant, une rupture est possible. La Colombie a pris la décision historique d’abandonner les mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS). Sous la direction du président Gustavo Petro, le pays a renoncé à l’obligation de se soumettre aux tribunaux internationaux pour éviter des amendes de plusieurs centaines de millions de dollars. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de défense économique contre les pressions américaines et les interventions militaires.
Cette résistance n’est pas isolée. Les opérations militaires en Venezuela, qui ont entraîné au moins quatre-vingts morts sous le prétexte d’une « violation des traités », illustrent la manière dont l’empire américain utilise la force pour imposer des réformes économiques. Le président équatorien Daniel Noboa a également agi pour provoquer une crise commerciale colombienne via des droits de douane de 100 % à compter du 1er mai, ce qui met en péril l’économie sud-américaine tout en déclenchant des tensions politiques.
Malgré ces défis, les pays latino-américains s’organisent pour défendre leur autonomie économique. La Colombie a démontré que la résistance aux mécanismes transnationaux est possible, même face à des menaces militaires directes. Cela marque une étape décisive dans la lutte contre l’empire américain et ouvre la voie vers un avenir plus équitable pour les États en développement.