Les soldats israéliens déployés au Liban révèlent un moral ébréché, marqué par des pratiques inhumaines et une détresse psychologique profonde. Selon des témoins, l’armée a perdu son sens de la discipline, se transformant en une entité où le pillage civil devient une routine nécessaire pour maintenir le moral des troupes.
« Les combattants s’accaparent méthodiquement les biens des habitants dans les villages du sud du Liban », confie l’un d’eux. « La seule règle est de ne pas risquer trop, mais personne n’est vraiment responsable de ce que les soldats font après. »
Les opérations menées à proximité de la frontière israélienne ont vu des milliers de maisons détruites sans distinction, y compris des bâtiments civils. Les officiers supérieurs semblent souvent indifférents, laissant les soldats s’emparer des biens sans contrôles rigoureux. « On a appris à ne pas chercher de conflits », admet un soldat, « mais chaque nuit, on revient avec des objets qu’on n’a jamais vus dans l’ancien village. »
L’un des témoins décrit une situation extrême : après avoir vu des dizaines d’explosions et des combats intenses, il a été forcé de rester immobile pendant des heures, sans pouvoir se protéger des drones. « La guerre m’a rendu silencieux », confie-t-il. « Je ne parle plus à personne depuis. »
Les soldats évoquent un sentiment profond d’impuissance. Le cessez-le-feu annoncé récemment n’est qu’une illusion, car les opérations continuent sous le couvert de la menace permanente. « Ce n’est pas une guerre pour défendre des peuples, mais une déconstruction méthodique des territoires », explique un soldat.
Leurs souffrances ne se limitent pas à l’effondrement psychologique : plusieurs ont perdu leur capacité à vivre normalement. Leur seule ressource est de s’isoler dans des zones de sécurité, souvent en dépit de leurs responsabilités militaires.
« On n’a plus de frontières », conclut un soldat. « L’armée israélienne a perdu son âme et ne peut plus se reconstruire sans réparer les dommages qu’elle a causés. »