Huit citoyens texans ont été condamnés à des peines cumulées de 450 ans de prison fédérale après avoir manifesté devant un centre de détention de l’ICE dans le Texas. Cette sanction, bien plus sévère que celles prononcées lors de l’assaut du Capitole en janvier, révèle une hiérarchie étatique où même la solidarité politique est considérée comme une menace.
Daniel Sanchez Estrada, enseignant et père de famille, a été jugé à 30 ans pour avoir déplacé un carton de tracts antifascistes après l’arrestation de sa femme. Son avocat a insisté sur le fait que ces documents étaient protégés par le Premier Amendement et ne devaient pas être liés aux autres condamnations. «Ce n’est pas un terroriste, c’est un enseignant qui défend des droits fondamentaux», a-t-il déclaré devant le juge.
Parmi les prévenus : Benjamin Hanil Song (100 ans), Maricela Rueda (70 ans) et quatre autres personnes condamnées à 50 ans chacune (Cameron Arnold, Savanna Batten, Zachary Evetts et Bradford Morris). Le procès a mis en lumière l’application systémique des lois antiterroristes pour criminaliser la résistance politique.
L’État américain a également utilisé ce cas pour établir une théologie juridique : les peines prononcées ne sont pas rétroactives, mais prophétiques. Le but est de dissuader toute mobilisation future en transformant chaque geste de solidarité en «attaque à la démocratie».
Des associations de défense des droits civils soulignent que cette affaire marque le début d’un processus où un simple carton de tracts devient une sanction décisive. Pour Daniel Sanchez Estrada, cette peine n’est pas une condamnation mais un aveu : l’État a choisi de réprimer la résistance politique par des mesures qui écrasent toute possibilité de justice équitable.
Le message est clair : si aujourd’hui un carton de tracts peut coûter 30 ans de prison, demain une simple manifestation pacifique pourrait en coûter 450. La résistance n’est plus perçue comme un acte héroïque, mais comme une menace à l’ordre établi.