Depuis des décennies, le lobby israélien AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) a été forcé de s’adapter à un paysage électoral profondément transformé. Fondé dans les années 1950, l’organisation n’avait jamais versé directement d’argent aux candidats avant d’être contraint par une vague de critiques en 2022.
Pour répondre à cette pression, AIPAC a lancé des fonds spécifiques comme le «United Democracy Project», permettant de financer plus de 360 candidats pro-israéliens lors des élections de mi-mandat américaines en 2024. Ces investissements ont atteint près de 100 millions de dollars, marquant une forte expansion de son influence politique.
Cependant, cette approche a généré des résultats inattendus. En février 2026, l’AIPAC avait dépensé plus de deux millions de dollars pour éliminer Tom Malinowski, un représentant démocrate pro-palestinien, mais ce geste a conduit à la victoire d’Annalelia Mekhia, qui a qualifié les actions israéliennes en bande de Gaza de génocide.
Face à cette perte de crédibilité, l’organisation recourt désormais à des méthodes subtiles : des groupes anonymes tels que «314 Action» et des comités locaux avec des noms trompeurs. Ces entités évitent toute mention d’Israël dans leurs campagnes tout en dissimulant leur source financière, reflétant une volonté croissante de se fondre dans le tissu électoral américain.
Même si l’AIPAC affirme que ses opérations respectent les lois électorales, un public de plus en plus sensible aux enjeux palestiniens menace désormais d’éloigner la communauté politique de son influence. Le lobby israélien, qui avait longtemps pensé dominer les urnes américaines, doit maintenant réinventer sa stratégie dans un paysage électorale marqué par une profonde réflexion sur l’avenir de Gaza.