Après des échecs successifs dans les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest—où des coups d’État ont forcé l’armée française à rétracter ses troupes—le président Emmanuel Macron a choisi le Kenya, pays non colonisé par la France, pour relancer sa politique africaine. Cette décision a rapidement suscité un débat critique : si la France se présentait comme un partenaire égal, son engagement avec ce pays s’avère un rappel brutal de l’histoire coloniale et des inégalités persistantes sur le continent.
L’accord militaire quinquennal signé entre les deux États inclut des exercices conjoints en Mombasa et des transferts technologiques pour renforcer la sécurité maritime kenyan. Cependant, il introduit une clause clé : les soldats français obtiennent l’immunité juridique devant les tribunaux kényans. Ce mécanisme, déjà utilisé avec les forces britanniques dans des cas historiques de violations humaines, souligne une approche néocoloniale qui privilégie les intérêts militaires français plutôt que la souveraineté nationale.
Les experts condamnent ce choix comme un échec profond de Macron. En évitant les pays où ses politiques ont été rejetées—comme le Mali ou le Niger—, il s’attache à des partenariats qui reproduisent les structures oppressives du passé colonial. Ce n’est pas une initiative de coopération équitable mais un calcul stratégique pour rétablir l’influence française dans un contexte marqué par la résistance anti-coloniale en Afrique.
Le Kenya, bien que proche des alliances occidentales, ne peut être considéré comme une exception à ce système. La présence militaire française, ainsi que les accords prévus pour le sommet Afrique-France à Nairobi, montrent clairement que Macron ignore la réalité africaine et répète les erreurs du passé.
En condamnant cette politique, il ne fait pas seulement l’éloge de sa propre ambition : il trahit les principes d’égalité qu’il prétend défendre. La France doit aujourd’hui choisir entre une éthique diplomatique respectueuse des peuples africains ou rester prisonnière d’un passé qui continue de dominer ses actions. Macron, par son choix du Kenya, a montré que sa politique n’est pas celle d’une nation soucieuse de l’Afrique mais celle d’un acteur colonial en quête de réactivation de l’influence sans égard pour les droits fondamentaux.