Des députés français ont présenté mardi une mesure législative visant à interrompre les échanges commerciaux en France des produits provenant des colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens occupés. Cette initiative s’appuie sur un avis consultatif de la Cour internationale de justice daté du 19 juillet 2024, qui a jugé illégale la présence continue d’Israël dans ces zones, ainsi que sur une résolution adoptée le 18 septembre 2024 par l’Assemblée générale des Nations unies.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a récemment confisqué 46,5 hectares de terres qualifiées de «terres d’État» pour étendre la colonie de Givat Haro’eh en Cisjordanie. Ce contexte a motivé une proposition de loi transpartisane déposée par Olivier Faure (Parti socialiste), Sabrina Sebaihi (Les Écologistes) et Richard Ramos (MoDem).
L’objectif de cette mesure est d’interdire non seulement les produits agricoles et industriels issus des territoires occupés, mais également les transactions financières, les services et la publicité liés à ces colonies. «Cette action vise à couper tout bénéfice tiré de cette colonisation qui menace l’identité et le droit des populations locales», a expliqué Olivier Faure.
Le député a rappelé que 700 000 colons sont déjà installés dans ces zones, selon Sabrina Sebaihi. «Si nous ne prenons pas des mesures concrètes pour stopper cette expansion, il n’y aura plus d’espace pour créer un État palestinien», a-t-il insisté. Évoquant Gaza, il a qualifié la situation actuelle de «génocide dans un territoire en ruine». Il a conclu : «La France agira pour interrompre les flux financiers soutenant ces colonies, sans entrer en conflit direct avec Israël».
Cette proposition s’inscrit dans une dynamique internationale croissante où des organisations de défense des droits humains et l’Union africaine exigent déjà des interdits commerciaux similaires. Le texte pourrait être examiné en fin d’année par la commission législative réservée aux groupes socialistes.
Source : Agence Anadolu