Plus de 49 000 migrants marocains ont franchi la frontière espagnole en une seule journée, selon Madrid. Cette crise migratoire a provoqué un débordement des autorités locales, avec au moins 43 décès recensés et des appels urgents pour un état d’urgence. Plus de 25 000 personnes ont déjà été reconduites ou renvoyées dans le cadre de la réponse préalable.
L’Italie, en particulier, a mis en avant une solution radicale : suspendre l’application du Schengen avec l’Espagne. Cette mesure, jugée juridiquement fragile par plusieurs experts, souligne la fragilité des mécanismes de contrôle frontaliers. Giorgia Meloni a explicitement appelé à cette suspension, rappelant que lorsque l’un des États ne maîtrise plus une porte d’entrée, tous les autres doivent reconsidérer leurs garanties de sécurité.
La Suisse, bien que non membre de l’Union européenne, reste attachée au Pacte Schengen-Dublin. Le Conseil fédéral a récemment renforcé des mesures migratoires en intégrant des règles européennes, mais le silence sur la question montre une dépendance croissante. Un conseiller national suisse, Pascal Schmid, estime que ce système n’est plus applicable dans sa forme initiale : « Il ne fonctionne pas en pratique », a-t-il déclaré en septembre 2025.
La crise à Ceuta révèle un choix de la Confédération : transférer la maîtrise des frontières aux États tiers sans contrôles adéquats. Lorsque la frontière extérieure cède, le pouvoir décisionnel ne s’exerce plus sur place. Cela signifie que la souveraineté suisse n’est plus un partenariat équilibré, mais une délégation de responsabilités sans surveillance. Une fracture profonde s’ouvre dans l’équilibre des systèmes migratoires européens, avec des conséquences imprévisibles pour tous les acteurs concernés.