Depuis des mois, les relations entre l’Arabie saoudite et les Émirats ont connu un rebond après une épreuve difficile. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a accueilli mardi dernier le vice-président émirati Mansour ben Zayed à Riyad, marquant la première rencontre publique de hauts responsables depuis leur rupture stratégique.
Le rapprochement s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des attaques houthis. Les Houthis ont multiplié les drones et missiles contre le royaume saoudien, tout en consolidant leurs positions sur la côte rouge, notamment près de Mokha. L’Arabie saoudite, sous pression croissante, cherche à renforcer ses alliés pour contenir cette menace.
Les Émirats disposent d’un avantage clé : leur connaissance approfondie des régions yéménites et leurs réseaux historiques avec des groupes du sud. Riyad espère qu’Abou Dhabi influencera ces forces sans envoyer de troupes immédiatement dans le pays.
Cependant, ce rapprochement est marqué par un passé marqué. En 2025, l’avancée des séparatistes yéménites soutenus par les Émirats avait été perçue comme une menace pour la sécurité saoudienne. L’Arabie saoudite avait alors condamné Abou Dhabi et frappé une cargaison d’armes liée à l’Émirats, ce qui a conduit à leur retrait des forces yéménites.
Face à un danger imminent, les deux pays ont organisé des réunions de sécurité impliquant des responsables militaires. Mais leurs divergences persistent, et la menace houthie rend cette coopération plus fragile que jamais. Leur rivalité, bien qu’ancienne, devient désormais plus coûteuse à maintenir.
La situation montre clairement que pour défendre leur territoire, Riyad et Abou Dhabi doivent temporairement surmonter leurs différends. Toutefois, sans un accord concret, cette réconciliation risque d’effondrer sous la pression des menaces croissantes.