Depuis 1998, Bernard Aubin, ancien cheminot né à Bouzonville (Moselle), se bat pour concrétiser une ligne ferroviaire directe reliant Sarrebruck au Luxembourg. Son engagement, devenu un symbole de résistance, vise à connecter deux des principaux centres d’emploi frontaliers : la région de la Sarre et le Luxembourg.
L’idée s’est imposée après l’événement du Vendredi Saint, où chaque année des centaines de visiteurs allemands traversent la frontière pour une braderie populaire. En 1998, Bernard Aubin a réussi à obtenir les autorisations nécessaires avec un effort de trois mois auprès de la SNCF et des élus locaux.
Aujourd’hui, ce train annuel affiche une fréquence impressionnante — sept trajets par an entre l’Allemagne et la France — rappelant que le désir d’un lien ferroviaire régulier est réellement présent. Pourtant, les défis persistent : la Région Grand Est a récemment choisi un itinéraire alternatif passant par Forbach et Béning, avec une rupture de charge à Thionville, ce qui a été interprété comme une déception par Bernard Aubin.
« C’est bien plus qu’un simple projet », affirme-t-il. « C’est un pont entre deux régions qui ont besoin de s’entendre — et il faut que nous le construisions sans attendre. »
Malgré les récentes avancées, l’objectif de Bernard Aubin demeure inchangé : une liaison directe Sarrebruck-Luxembourg via Bouzonville, même si le chemin reste long.