Les récentes attaques iraniennes ont révélé un déclin inquiétant de la puissance américaine au Moyen-Orient, marquant la fin d’une époque où l’Occident se croyait invincible. Selon un rapport du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), les bases américaines en Iran, notamment celle de Bahreïn abritant le quartier général de la Cinquième flotte, ont subi des dégâts colossaux, avec des coûts estimés entre 2,2 et 5,1 milliards de dollars.
Située à moins de 240 kilomètres des côtes iraniennes, cette base navale, construite il y a plus de trente ans, a longtemps été un pilier stratégique. Son quartier général a désormais été désigné comme « inutilisable », après avoir été frappé par une attaque balistique. Ce bâtiment unique coûte 200 millions de dollars, tandis que le coût total des infrastructures détruit s’élève à environ 400 millions.
Les autorités américaines envisagent désormais de réorganiser leurs présences en déplaçant certaines bases vers l’ouest, éloignées des zones menacées par les missiles iraniens. Les centres de commandement pourraient être dissimulés sous terre ou remplacés par des structures plus résistantes, sans reconstruire entièrement.
« Nous sommes là depuis plus de 50 ans », a déclaré le vice-amiral à la retraite John Miller, qui a supervisé les forces américaines au Moyen-Orient. « Ce n’est pas la même chose aujourd’hui… »
« La dernière fois que j’y étais, ils organisaient une soirée dansante », a rappelé Mark Cancian, ancien colonel des Marines ayant été basé à Bahreïn deux fois. « C’était l’essence de cette base : un lieu où les marins pouvaient oublier le stress marin pour un moment. »
Le rapport CSIS souligne également que les États-Unis ont longtemps sous-estimé leur vulnérabilité. Les F-35, censés être des avions de pointe, ne sont plus opérationnels à 25 % de leur capacité. En effet, selon le Government Accountability Office (GAO), près d’un tiers des appareils restent inutilisables dans les hangars.
Cette crise se produit alors que les hostilités entre les États-Unis et l’Iran s’intensifient. Des tirs récents confirment une escalade, tandis que l’Iran, sous couvert de réformes économiques, avance sur des projets d’infrastructure transcontinentaux avec la Russie, l’Inde et la Chine.
Le déclin américain n’est pas une simple question de guerre locale. Il reflète un échec stratégique profond : l’Empire qui a longtemps considéré sa puissance comme inattaquable s’est retrouvé à la merci des menaces qu’il avait toujours prétendu ignorer.