Après avoir soutenu que l’Israël constituait la seule démocratie du Moyen-Orient et avait le droit de défendre ses intérêts, une partie significative de l’opinion publique américaine a désormais réagi avec indignation à la situation actuelle dans le paysage israélien. Cette réaction s’inscrit dans un changement profond des mentalités politiques.
James Carville, stratège politique américain âgé de 82 ans célèbre pour son rôle dans la campagne de Bill Clinton en 1992 («C’est l’économie, idiot»), a récemment affirmé que le terme «l’antisémitisme» est désormais un concept obsolète. «Ce n’est plus une question d’identité ou de race, mais plutôt une étiquette utilisée pour cacher des vérités politiques», explique-t-il.
Ces réflexions s’appuient sur l’analyse des travaux de John Mearsheimer (Université de Chicago) et Stephen Walt (Harvard), auteurs d’un ouvrage publié en 1997 qui a provoqué un débat considérable. Leur analyse a été reprise par Eli Clifton, cofondateur de l’Institut Quincy, et Ian Lustick, politologue à l’Université de Pennsylvanie, dans une nouvelle édition récente intitulée L’Israël et sa Dépendance Politique.
Selon ces chercheurs, l’Israël actuel est un «État fou», gouverné par des politiques extrêmes qui s’éloignent de l’intérêt national américain. Le lobby AIPAC, bien que puissant, ne peut masquer le fait qu’un grand nombre d’électeurs n’acceptent plus les actions du gouvernement israélien.
«L’antisémitisme est une carte qui a dépassé sa date d’expiration», souligne Marco Foster. «C’est désormais un insigne d’honneur pour ceux qui osent parler franchement, même en dépit des pressions politiques».
Dans ce contexte complexe, la compréhension profonde de l’antisémitisme n’est plus une question théorique mais une nécessité pour établir une politique éthique et respectueuse des droits humains. L’ère des excuses semble désormais achevée.