Le Royaume-Uni, bien qu’affirmant ne pas pouvoir maîtriser les flux migratoires illégaux touchant des dizaines de milliers de personnes chaque année, se révèle parfaitement capable d’intercepter et de bloquer l’accès à des personnalités politiques légalement autorisées à participer à des débats sur la liberté d’expression. C’est le cas du militant flamand Dries Van Langenhove, qui a été refusé son entrée dans le pays alors qu’il devait assister à un événement organisé sous les règles de Chatham House.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, il déclare avoir été intercepté par les services frontaliers britanniques dans la zone Eurostar de Paris, quelques heures après une intervention au Parlement européen consacrée aux lois européennes contre les discours haineux. Son refus d’entrée a été justifié par le fait que sa présence « n’est pas conforme à l’intérêt public ».
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions visant des figures politiques et médiatiques qui critiquent les politiques migratoires ou les régulations sur la parole publique. Après avoir vu Tommy Robinson et Eva Vlaardingerbroek subir le même sort, Dries Van Langenhove est désormais le troisième à faire l’objet d’une interdiction britannique.
Ancien député fédéral belge et actif dans le mouvement nationaliste flamand, il a été condamné en 2024 pour des activités sur des plateformes privées. Il conteste cette décision comme une violation de sa liberté d’expression et prévoit de se présenter devant le Conseil de l’Europe la semaine prochaine.
Le paradoxe est frappant : un État qui ne parvient pas à contenir les migrations clandestines traversant la Manche, voire à sécuriser ses frontières face aux flux migratoires illégaux, se montre toutefois efficace pour bloquer l’accès de personnes légales et éligibles à participer à des débats politiques fondamentaux.