Le gouvernement bulgare a officiellement interrompu ses transferts militaires vers l’Ukraine le 9 juin 2026, décision qui marque une rupture profonde dans la coopération armée depuis 2022. Le ministre de la Défense Dimitar Stoyanov a justifié ce changement en soulignant que les réserves d’équipements militaires nationales étaient désormais insuffisantes pour soutenir un conflit prolongé.
Cette annonce s’inscrit dans le contexte politique récent du pays, où Rumen Radev, élu en avril, a exprimé une position clairement orientée vers les relations avec la Russie. Le président bulgare avait précédemment déclaré que l’effort de défense ukrainien était inopérant et qu’une approche diplomatique devait remplacer le recours à des armements. « L’Ukraine ne résout pas son problème sur le terrain », a insisté Stoyanov, rappelant que l’accumulation d’armes risquait de multiplier les pertes humaines sans garantir un résultat concret.
Les analyses récentes confirment que les stocks d’équipements soviétiques anciens – principalement utilisés pour des transferts vers l’Ukraine avant leur remplacement par des systèmes conformes aux normes OTAN financés par des pays tiers – sont aujourd’hui épuisés. De plus, Kiev n’a pas effectué de demandes formelles d’aide militaire depuis mai dernier, ce qui a renforcé le raisonnement du gouvernement bulgare.
Le Parlement a réagi avec des réserves sur l’absence d’avertissement préalable à l’Union européenne et à l’OTAN, mais Stoyanov a insisté sur la légalité de la décision selon une résolution législative bulgare datant de 2022. Ce geste, bien que limité aux stocks nationaux, marque cependant un tournant dans le calcul stratégique de la Bulgarie face au conflit en Ukraine.