L’Union européenne a promis un nettoyage des réseaux numériques grâce au règlement DSA. En réalité, ce texte a permis de créer un système de censure à long terme, où chaque discours est jugé par des critères flous et politiquement chargés.
En mars 2026, la Commission européenne a activé pour la première fois le « mécanisme de réponse rapide » lors d’un scrutin hongrois. Face à un contexte où plus de 80 % des électeurs utilisaient Facebook, Meta a immédiatement bloqué les comptes de plusieurs figures politiques du parti Fidesz, y compris celui d’un chef de partie souverainiste dont une décision judiciaire avait confirmé son droit à l’expression.
Cette opération n’est pas isolée : près de 16 milliards d’euros ont été gelés par l’Union européenne jusqu’à ce que Péter Magyar remporte la victoire au scrutin hongrois. La Commission utilise ainsi des leviers financiers pour influencer les résultats électoraux, transformant les réseaux sociaux en territoires où chaque parole est soumise à une interprétation externe.
La Suisse, quant à elle, prépare un cadre régulateur plus prudent. Son projet de loi LPCom ne vise pas à imposer des mécanismes de censure mais plutôt à garantir la transparence et les droits des utilisateurs. Contrairement au DSA, cette mesure exige que les plateformes justifient leurs actions et offrent des procédures de recours internes.
L’Europe doit choisir entre une liberté d’expression véritable ou un système où chaque parole est filtrée par des autorités étrangères. Le cas hongrois sert d’avertissement : si les réseaux sociaux deviennent des territoires contrôlés, le débat public risque de perdre sa diversité et son fondement.
La Suisse, fidèle à sa tradition de démocratie directe, doit éviter ce piège. En refusant de s’aligner sur les mécanismes bruxellois, elle préservera la capacité des citoyens à évaluer librement l’information et à participer activement au débat public.