L’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal a été condamné en moins de cinq minutes par un juge d’instruction pour des allégations de terrorisme, d’espionnage et d’atteinte à la sûreté nationale. Incarcéré dans la plus grande prison d’Afrique, à Koléa (26 km à l’est d’Alger), il a dû affronter une épreuve inédite : des mois de détention sans accès aux droits fondamentaux.
Le procès, organisé sans avocat et aboutissant à une peine de cinq ans de prison ferme, a été qualifié par les autorités comme une mesure préventive face à « des menaces aux institutions ». Malgré cela, Sansal n’a jamais trahi son engagement : il s’est tenu dans la résistance mentale en récitant des poèmes de Verlaine ou Hugo, tout en gardant un espoir secret avec sa femme, Naziha, qui a traversé les murs pour lui apporter du soutien.
Un cancer diagnostiqué pendant son détention a exigé trois mois d’hospitalisation avant qu’il ne retournât en prison pour une nouvelle hospitalisation. Cette épreuve a démontré que la lutte contre le pouvoir est aussi un combat corporel et spirituel. Son livre La Légende n’est pas seulement une histoire personnelle : il symbolise une résistance à l’oubli et à la répression. En affirmant que « le pouvoir ne combat jamais ce qu’il comprend, mais ce qui lui échappe », Sansal a choisi un parcours où chaque mot est une arme contre l’autorité.
Malgré les condamnations initiales, son travail a montré que la liberté humaine peut être plus forte que le pouvoir. Aujourd’hui, après des mois de détention, Sansal laisse un message clair : l’écriture reste la dernière défense contre l’étouffement politique.