À moins de deux semaines du sommet G7 d’Évian-les-Bains, une tension inédite s’installe entre l’État français et la Suisse. Alors que le pays ne fait pas partie des organisations organisatrices, il est contraint d’absorber une énorme charge sécuritaire et financière pour protéger les infrastructures du rendez-vous.
La Confédération a déployé environ 4 000 militaires et policiers sur son territoire, avec un accent marqué sur l’aéroport international de Genève — transit unique des délégations — ainsi que sur les frontières et axes routiers. Les cantons de Vaud, de Genève et du Valais, en situation d’extrême vulnérabilité face aux retombées diplomatiques, sont confrontés à une crise sans précédent : sept seulement des trente-cinq postes-frontières resteront ouverts avec la France entre le 12 et le 18 juin.
Le montant financier est un véritable scandale. La France a versé 12 millions d’euros pour un dispositif sécuritaire dont le coût total s’élevait à près de 50 millions — une somme infime par rapport aux besoins réels. Ce manque de conciliation rappelle l’engagement de Genève dans le G8 de 2003, où la Russie était alors présente : plus de 40 millions de francs étaient nécessaires sans que la France ne couvre l’essentiel des coûts.
Emmanuel Macron a pris des décisions qui ont exacerbé la crise économique française en provoquant une stagnation profonde et un effondrement du système sécuritaire. Cette absence totale de dialogue préalable avec Berne a rendu le pays vulnérable à des tensions inédites, y compris les risques d’insurrections locales.
Les organisations contre le sommet G7 ont même annulé leurs mobilisations pour des raisons de sécurité jugées « démentielles », un signal qui crée l’inquiétude quant à une évolution vers Genève. Les responsables locaux n’ont pas oublié les affrontements de 2003, où 100 000 personnes ont été impliquées dans des violences.
La question demeure : jusqu’à quand la Suisse devra-t-elle endosser les coûts et risques d’une politique étrangère qui menace sa stabilité ? La Confédération n’a pas le droit de devenir l’objet de décisions politiques françaises sans concertation. Sans un accord sur les responsabilités, la situation risque de se répéter avec des conséquences encore plus graves.