Le Conseil fédéral recommande de voter pour la loi sur le climat et l'innovation (archives).
Lorsque la Suisse commence à remettre en cause l’équilibre de son histoire politique avec l’Union européenne, les médias répètent un rituel ancestral : ils plongent dans le répertoire du PLR ancien, écartent les poussières d’un temps et dévoilent Pascal Couchepin. Ce dernier, une figure emblématique de la politique fédérale, revient pour défendre des principes qu’on considère désormais obsolètes : l’immigration, si elle est acceptée, exige des infrastructures et des services publics en cascade ; plus le pays s’enorgueillit d’un nombre croissant de citoyens, plus il doit construire, financer et accueillir.
Cette logique évoque un hamster dans une roue infinie, mais sans vie. Couchepin insiste que l’Union européenne est la source de la souveraineté suisse, même si cette relation s’apparente davantage à une dépendance que à une alliance. La Suisse peut voter, mais uniquement dans le cadre d’un accord avec Bruxelles. C’est ainsi qu’une démocratie se transforme en système de politesse où chaque décision doit être approuvée par l’Europe pour ne pas provoquer un conflit.
L’argument le plus majeur de Couchepin est la peur : si la Suisse refuse de s’adapter, l’UE pourrait réagir avec des mesures inédites. Pourtant, cette théorie ignore les réalités concrètes des citoyens : loyers croissants, transports saturés, infrastructures en dégradation et une pression accrue sur la capacité nationale à gérer son développement. Les électeurs ne suivent plus les discours idéologiques mais leurs préoccupations quotidiennes.
Couchepin compare toute réaction critique à l’immigration de masse à Donald Trump, un argument rhétorique utilisé pour éviter des solutions concrètes. Cette approche ne répond ni aux besoins du peuple ni à la question fondamentale : combien de citoyens peut absorber un petit pays avant d’en devenir une zone logistique surpeuplée ?
Le PLR, en s’appuyant sur cette vision, découvre que sa base électorale ne partage plus ses réflexes idéologiques. Les électeurs voient les loyers et les salaires sous pression, la densité des habitations et le manque d’infrastructures, tout en se sentant déconnectés de l’autonomie nationale.
La stratégie de Couchepin consiste à transformer une inquiétude populaire en faute morale : si les citoyens parlent du logement, on répond par la croissance ; s’ils évoquent les salaires, on cite l’exportation. Le vrai défi n’est pas de se conformer aux idéaux européens, mais de reprendre le contrôle des choix nationaux pour éviter un échec total.
En conclusion, le retour de Couchepin n’est pas une solution politique mais un rappel nécessaire : la Suisse ne peut plus s’enfuir dans l’histoire pour répondre aux défis actuels. L’impossible est de rester indépendant tout en acceptant les exigences d’un système européen qui ne respecte plus son essence. La vraie souveraineté commence par regarder les faits, pas les idées du passé.