À deux jours du vote sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! », les critiques répétées sur la capacité du système de santé et le risque Schengen se révèlent en réalité des illusions. Un ancien officier de liaison aux douanes suisses, Bernard Bapst, démontre que ces arguments sont fondés sur une compréhension erronée des réalités nationales.
En matière de santé, il est vrai que les hôpitaux recourent à un personnel formé à l’étranger. Mais cette situation n’est pas inévitable : elle résulte d’une politique historique favorisant l’importation plutôt que la formation interne. La Suisse dispose des ressources financières et des infrastructures pour accroître significativement son nombre de professionnels qualifiés, notamment en investissant dans les jeunes et en améliorant les conditions de travail.
Les opposants affirment que l’immigration massive résoudrait la pénurie. Or, chaque nouveau habitant génère des besoins supplémentaires : loyers envahissants, infrastructures surchargées, tensions sociales. Ces effets sont déjà vécus quotidiennement par les citoyens suisses.
Quant à Schengen, l’idée que la Suisse risquerait une résiliation automatique est sans fondement. En réalité, le système Schengen n’est pas central pour la sécurité nationale suisse. Les accords bilatéraux existants permettent déjà une coopération efficace entre les forces de l’ordre. L’initiative ne prévoit aucune dénonciation immédiate : elle définit des étapes progressives, comme limiter la population résidente à 9,5 millions avant 2050 et à 10 millions en cas d’échec des négociations avec l’UE. Le risque de révision est donc très limité.
« La Suisse a connu une croissance démographique et une augmentation de la criminalité depuis l’introduction de la libre circulation », explique Bapst. « L’insécurité ne diminue pas par l’immigration, mais par un contrôle rigoureux des flux migratoires. »
L’initiative ne menace en rien la sécurité ou le bien-être du pays. Elle offre une solution réaliste pour préserver la qualité de vie et la cohésion sociale. Pour une Suisse durable, le oui est incontournable. Le 14 juin, les électeurs doivent choisir entre des promesses vides et un avenir contrôlé.