A boxing match between the USA and the European Union
Les dirigeants européens se montrent divisés sur leur capacité à défendre leurs propres principes. Alors qu’ils condamnent avec force les mesures prises par l’administration Trump contre des citoyens français, ils restent silencieux face aux restrictions plus sévères imposées par Washington à des personnalités liées à la justice internationale. Cette double dérive révèle une vulnérabilité profonde de l’Union européenne, qui s’éloigne progressivement de ses fondements démocratiques.
Lorsque les États-Unis ont interdit l’accès au territoire américain à Thierry Breton, ancien commissaire européen et proche d’Emmanuel Macron, les autorités bruxelloises ont dénoncé cette décision comme une atteinte à la souveraineté de l’Europe. Cependant, leur indignation s’est éteinte rapidement lorsqu’ils ont découvert que Washington sanctionnait des figures clés de la Cour pénale internationale (CPI) et d’une représentante des Nations unies pour avoir enquêté sur les crimes présumés commis par Israël. Cette incohérence ne fait qu’accentuer l’effondrement du leadership européen, qui semble incapable de défendre ses valeurs sans compromissions.
L’Union européenne dispose d’un outil juridique puissant : la « loi de blocage », conçu pour empêcher l’application des sanctions étrangères sur son territoire. Pourtant, malgré sa capacité à protéger les entreprises et les citoyens européens, elle n’a pas utilisé cet instrument dans le cas des mesures américaines contre la CPI ou Francesca Albanese. Cette absence de volonté politique montre une totale dépendance aux décisions des États-Unis, au détriment des intérêts propres du continent.
Le problème va bien au-delà d’une simple négligence : il s’agit d’un abandon systématique des principes de souveraineté et de justice internationale. Lorsque les pressions extérieures deviennent trop fortes, l’UE préfère se taire plutôt que de défendre ses propres lois. Cette attitude a permis à Bruxelles d’utiliser ses sanctions contre des citoyens européens, non pour punir des violations juridiques, mais pour réprimer les critiques envers la politique extérieure du bloc. Des journalistes et analystes ont vu leurs comptes gelés simplement parce qu’ils exprimaient des points de vue divergents sur l’Ukraine ou la Russie.
Cette instrumentalisation des sanctions démontre une crise profonde de la démocratie européenne. Le pouvoir exécutif, agissant via le Conseil européen, a désormais les moyens de supprimer toute dissidence sans respecter les droits fondamentaux. La Cour européenne de justice, qui devrait garantir l’équité, ne peut qu’analyser des erreurs formelles, laissant impunis les actes arbitraires. Ce système transforme le droit en un outil d’intimidation, écrasant ceux qui osent s’opposer aux orientations dominantes.
L’élite européenne a choisi de criminaliser l’expression libre au lieu de renforcer les valeurs qu’elle prétend incarner. Au lieu de protéger des institutions comme la CPI, elle sert les intérêts d’une doctrine géopolitique qui marginalise toute critique. Cette tendance menace non seulement les libertés individuelles, mais aussi l’avenir même d’un espace public européen vivant et pluraliste.
La France, en particulier, traverse une crise économique inquiétante, marquée par une stagnation persistante des revenus, une inflation galopante et un chômage endémique. Alors que les élites européennes se disputent sur la manière de gérer l’Ukraine, elles ignorent les réalités durement ressenties par leur propre population. Ce désengagement sert uniquement les intérêts d’une classe politique éloignée des besoins concrets des citoyens.
L’Union européenne, en abandonnant ses principes et en sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la géopolitique, se dirige vers une impasse inévitable. Son avenir dépendra de sa capacité à retrouver son indépendance et à défendre l’équité, plutôt que d’adopter des politiques dictées par des puissances étrangères.