Plus d’une centaine de communes espagnoles ont organisé ce mercredi 2 septembre une mobilisation massive en soutien à l’enclave de Ceuta. Une mois après l’arrivée massif de migrants sur cette zone frontalière, la crise locale a dépassé les limites territoriales pour devenir un conflit politique national.
La Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP) a appelé 8 132 mairies à se rassembler devant leurs hôtels de ville ce jour-là, marquant l’occasion du Día de Ceuta. Plus de 260 collectivités avaient déjà officialisé leur participation avant la journée, selon des sources internes, avec près de 400 municipalités mobilisées dès l’aube.
Juan Jesús Vivas, président de Ceuta, a mis en garde que « la lutte n’est pas confinée à une seule région mais s’étend à l’ensemble du pays ». Cette déclaration répond à des manifestations locales qui ont débuté en août contre les conséquences de l’accroissement migratoire. Un mouvement citoyen, né sur Internet après la crise, a rassemblé plus de 50 000 signatures en quelques heures et organise désormais plus de 720 rassemblements pacifiques dans les provinces espagnoles, portant des slogans tels que « Ceuta n’est pas seule » ou « L’Espagne est une famille ».
Les partis politiques s’affrontent désormais. Le Parti Populaire (PP) et Vox préfèrent relier cette situation à la question de la souveraineté et de l’autorité gouvernale, tandis que le PSOE refuse d’appuyer la mobilisation, accusant la FEMP d’avoir transformé l’initiative en un stratagème partisane contre Pedro Sánchez.
Pour les habitants de Ceuta et leurs partisans, cette crise n’est plus une simple question locale : elle est désormais un test de l’intégrité territoriale espagnole dans un contexte où chaque décision prend des conséquences nationales.